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Mis à jour le jeudi 29 mars 2018 

 
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2- Un partenariat viable et durable ?

 

La situation politique colombienne permet-elle le développement d’un partenariat viable et durable ?

Nouer des partenariats avec des organisations sociales colombiennes n’est certes pas aisé. Outre la distance qui sépare nos deux pays, la situation politique de la Colombie et son climat de violence, d’insécurité et de corruption représentent des contraintes importantes au développement de projets bilatéraux. Les assassinats sont une des principales causes de mortalité, la première au sein de la population âgée entre 29 et 45 ans. Les milices paramilitaires d’extrême droite comme d’extrême gauche assassinent chaque année nombre de syndicalistes, de paysans, de responsables d’organisations sociales. Au nombre des victimes figurent des militants de la CGTD et le fils du président de la Mutualité ASMUC.

La position géopolitique de la Colombie, véritable porte d’entrée en Amérique Latine pour les Etats-unis, les richesses de son sous-sol qui renferme du pétrole, des minerais, …, et ses vastes étendues cultivables, dont celles consacrées à la culture de la cocaïne, sont autant de facteurs de convoitise et d’appropriation et sont sources de violence et d’inégalités. Ainsi, la Colombie a des richesses, mais elles sont très inégalement réparties. Bogota, par exemple, la capitale, est une ville de 8 millions d’habitants qui s’étend sur 80 km du nord au sud et sur 30 km d’est en ouest. Le nord de la ville est très riche et n’a rien à envier à nos quartiers huppés, tandis que le sud est très pauvre. 66 % de la population vit dans la précarité en ayant un revenu journalier qui ne dépasse pas 2 $ (1 million devant même se contenter de moins d’1 $ par jour).

Le sud de Bogota accueille des personnes déplacées, des paysans notamment, expulsés de leurs terres et qui, fuyant la violence, se réfugient dans les grandes villes. On parle de centaines de milliers de nouveaux habitants chaque année à Bogota ; ce qui conduit à une urbanisation sauvage des contreforts de la Cordillère des Andes. Peu d’infrastructures existent dans les quartiers du sud de la ville où les habitants –plus de 2 millions- dans 3 communes tentent de se débrouiller comme ils peuvent en exerçant des métiers de marchands ambulants dans les rues et aux carrefours de Bogota, en ramassant les ordures, … C’est le règne de l’économie informelle qui n’épargne pas les enfants. L’absence de confort dans les habitations, la pollution qui entraîne des maladies respiratoires, les grossesses précoces chez les jeunes filles qui engendrent un risque plus élevé de naissances prématurées, …, sont autant de problèmes de santé qui s’ajoutent à une situation économique et politique très difficile.

Quelques facteurs d’espoir

Face à cette situation, et malgré le climat de violence, des organisations syndicales, politiques, des coopératives, agissent. Ce sont des facteurs d’espoir qu’il convient de soutenir. Le syndicat CGTD est, ainsi, présent dans l’une des 3 communes du sud de Bogota, à Ciudad Bolivar. Il y a ouvert une maison communautaire, il y a 6 ans, dans le quartier de San Francisco, avec le soutien de la CSC/CNE (1). Cette maison est ouverte à tous les habitants : aux jeunes, aux femmes, aux paysans déplacés, aux personnes âgées, … C’est un lieu de rencontre mais aussi de formation. Des cours d’informatique, de coiffure, …, y sont donnés.
La CGTD a aussi crée la Mutualité ASMUC (Association Mutualiste de Colombie) qui souhaite ouvrir un centre médical et de promotion de la santé dans cette maison communautaire à Ciudad Bolivar.

De son côté, la mairie de Bogota, dont le maire Luis Eduardo (Lucho) Garzon a été élu a la tête d’une coalition progressiste dont la CGTD fait partie, lance un programme de lutte contre les inégalités et l’exclusion baptisé " Bogota sin indiferencia " (Bogota sans indifférence). En développant une approche de type communautaire, c’est-à-dire en y associant la population concernée, ce programme est destiné à lutter contre la malnutrition et à rétablir l’accès à certains droits fondamentaux, tel l’accès aux soins de santé. Un autre élément de contraste en Colombie, le pays possède, sur papier, un système de santé devant offrir une couverture très large à la population, y compris aux habitants sans ressource. Mais, en réalité, plus de 25 % des Colombiens n’y ont pas accès faute de documents officiels adéquats, par ignorance de leurs droits, faute d’infrastructures –centre médical par exemple- dans leur quartier, …

Des coopératives, des institutions de soins, des organismes de formation, …, développent également des programmes sociaux intéressants qui constituent des points d’appui potentiels pour les projets que nos partenaires colombiens veulent développer.

Ces éléments ont pu être vérifiés par la mission de quatre représentants de la Mutualité Saint-Michel qui s’est rendue fin août, durant une semaine, à Bogota. Nous avons rencontré les partenaires de la CGTD et de la Mutualité ASMUC, des représentants de la mairie de Bogota, des responsables de coopératives importantes, …, qui ont pu nous informer sur la situation du pays, sur les projets en cours et les possibilités de partenariat. Au mois de septembre, ce fut au tour d’une délégation de la CNE de se rendre en Colombie pour notamment participer au congrès de la CGTD.

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