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Mis à jour le mercredi 16 mai 2012 

 
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LIBERTE SYNDICALE

 

Le Mouvement Ouvrier Chrétien de Bruxelles a suivi avec préoccupation la grave situation des libertés syndicales et des droits de l’homme en Colombie, plus particulièrement en ce qui concerne les dirigeants syndicaux, dont la vie, l’intégrité personnelle et la liberté sont constamment menacés. Au moment où l’attention de l’Europe est dirigée vers la Colombie, à l’occasion de la tenue, le 30 avril prochain, de la troisième rencontre du Groupe d’Appui au Processus de Paix en Colombie, à laquelle participeront tous les Etats membres de l’Union européenne, l’ONU et la Banque Interaméricaine de Développement "BID", entre autres, nous voulons rendre public notre appui et notre solidarité aux efforts de construction d’une paix bâtie sur la justice sociale, entrepris par les organisations sociales, les organisations de défense des droits de l’homme, environnementalistes, paysannes, indigènes, universitaires et des administrations régionales, ainsi que notre questionnement en ce qui concerne l’application du dit "Plan Colombia".

Concrètement, nous souhaitons exprimer les considérations suivantes :

1. Nous saluons la proposition de l’Union Européenne de contribuer au processus de Paix, se distanciant de la solution militaire, telle qu’elle est exprimée dans la Déclaration de la Présidence de l’Union du mois d’octobre dernier. Néanmoins, pour rendre réelle cette proposition constructive, nous considérons que l’Europe devrait, par les moyens qu’elle considère appropriés, solliciter un moratoire de la composante militaire du Plan Colombia, ou, pour le moins, la mise sur pied d’une Commission Internationale d’Experts chargés d’évaluer l’impact de la politique de lutte anti-drogue appliquée en Colombie, comme le suggère la convergence Paz Colombia.

2. Nous partageons également le désir de l’Union de soutenir un Programme Européen substantiel d’appui socio-économique institutionnel au processus de Paix en Colombie, programme qui, comme le suggèrent les recommandations du Parlement Européen du mois de février dernier, doit suivre une stratégie propre, qui conjugue neutralité, transparence, participation de la société civile et engagements des participants à la table de négociation. Pour autant, le rôle que peuvent jouer les institutions financières multilatérales, telle que la Banque Interaméricaine de Développement BID, doit se réduire à la consultation éminemment technique.

3. De la même manière, pour que la Coopération vers la Paix contribue efficacement à la construction d’un processus de paix ferme et durable, elle doit tendre à surmonter les hauts niveaux d’exclusion, d’inéquité sociale et de marginalisation, par la recherche d’une véritable réforme agraire et une distribution adéquate des ressources, avec un développement participatif, soutenu et soutenable, dans le respect de l’environnement. Une paix qui se conjugue avec la justice sociale.

4. L’accomplissement des multiples recommandations internationales en matière de droits de l’homme par le Gouvernement colombien ainsi que le respect de la norme humanitaire par les acteurs du conflit, sont également des éléments indispensables à prendre prioritairement en compte dans la définition de la coopération européenne pour la paix en Colombie.

5. Pour terminer, nous désirons insister sur la nécessité d’un dialogue participatif avec les différents acteurs sociaux. Il est, en effet, important que les projets soient élaborés en concertation avec les communautés, afin que le programme réponde aux nécessités et aux attentes de la population colombienne et génère une dynamique d’exercice démocratique qui renforce la construction d’un processus de paix ferme et durable.

Le Mouvement Ouvrier Chrétien sera attentif aux résultats de cette si importante réunion et au suivi des décisions prises dans le but de veiller à la cohérence, la transparence et l’efficacité du programme de Coopération Européenne pour la Paix en Colombie, qui constitue une de nos priorités de travail en vue de la prochaine présidence belge de l’Union Européenne.

Daniel FASTENAKEL - Secrétaire fédéral du M.O.C. Bruxelles
(courrier adressé le 26 avril 2001 à Monsieur Jonas Loven, Présidence de l’Union Européenne, Ambassade de Suède, Bruxelles)

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